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La dysmorphophobie : lorsqu’un défaut imaginaire devient l’objet de honte et de culpabilité

08/04/2019 - 14:23
Chirurgien esthétique femme à Grenoble – Rhône Alpes | Dr Cynthia Hamou -

Dsymorpho quoi ? La dysmorphophobie, un terme qui semble à première vue bien compliqué et plutôt effrayant. Dans le contexte actuel, l’image d’un corps et d’un visage parfait est mise en avant, entraînant parfois des objectifs esthétiques inatteignables. Ce qui explique pourquoi aujourd’hui, tout le monde ou presque a des complexes. Cependant, certaines personnes ont une vision plus déformée que d'autres de leur physique et un défaut physique peut devenir une véritable obsession, jusqu’à les empêcher de vivre. Un trouble psychique qui pousse les personnes touchées à vouloir sans cesse corriger un défaut imaginaire. Stress, retrait social, opération pour ne plus souffrir… Découvrez-en plus sur ce mal méconnu - y compris par ceux qui en souffrent – et ses possibilités de traitement.

La dysmorphophobie ou la peur irraisonnée de son propre 

Lorsqu’un complexe prend de plus en plus de place dans la vie de tous les jours et que son propre corps devient l’objet de honte et culpabilité, certaines personnes se font opérer à répétition pour remédier à la souffrance. Cependant, dans certains cas les complexes persistent et se multiplient, quel que soit le traitement esthétique… On parle alors de dysmorphophobie – ou dysmorphobie - un trouble caractérisé par une préoccupation excessive, une obsession sur une partie du corps sur laquelle toute la souffrance psychique de la personne se concentre. Pas étonnant que le terme lui-même signifie la peur de son corps.

En effet, le défaut imaginaire de la personne devient très vite insupportable au point qu’il soit un véritable handicap social. Chaque jour, la partie concernée – jambe, ventre, nez, poitrine… - est inspectée, dissimulée et sa perception déformée impacte la vie quotidienne du patient. Ce qui explique pourquoi ce mal-être psychique rentre dans la catégorie des troubles obsessionnels compulsifs (TOC).

 

Malheureusement, les causes de ce mal-être sont encore peu connues. Moqueries sur le physique durant l’enfance, difficulté à accepter son corps lors des changements à l’adolescence, fragilité du patrimoine génétique… Les raisons qui font qu’un homme ou une femme se construit une image de soi plus fragile que les autres peuvent être multiples. En revanche, les symptômes qui traduisent le trouble de la dysmorphophobie sont eux bien connus :

 

  • Des obsessions et préoccupations excessives concernant un léger défaut ou une imperfection imaginaire.
  • Le sentiment permanent et injustifié d’être difforme.
  • L’inspection minutieuse dans le miroir de la « difformité » ou à l’inverse, le fait d’éviter soigneusement toute réflexion de son image.
  • La dissimulation de la partie du corps à l’origine des tourments.
  • Le besoin constant d’être rassuré quant à son apparence.
  • Le recours excessif à la chirurgie esthétique.
  • L’isolement social.
  • La dépression, l’anxiété et autres problèmes émotionnels.
  • Et dans certains cas extrême, l’apparition d’autres troubles psychiques : alimentation, hygiène, attention…

 

Les conséquences pour une personne souffrant de dysmorphobie peuvent être graves. En effet, celle-ci se replie peu à peu socialement sous le poids de sa souffrance psychique avec une difficulté à créer des relations stables. S’en suit alors une dégradation de l’état moral avec dans les cas les plus extrêmes, une tendance aux idées suicidaires.

On constate également chez les patients, des répercussions sur leur vie professionnelle puisqu’un grand nombre de personnes concernées sont sans emploi.

Lorsque les manifestations obsessionnelles impactent la vie sociale, familiale et professionnelle du patient, il est important de mettre des solutions rapidement en place surtout que la dysmorphobie n’est absolument pas un diagnostic définitif. Cependant, bien souvent les personnes dysmorphophobes cherchent un remède auprès du chirurgien esthétique jusqu’à, dans certaines situations, entraîner des conséquences importantes et irrémédiables sur le corps. La question du traitement efficace se pose donc face à ce trouble méconnu…

Comment traiter efficacement la dysmorphophobie ?

Face à ce problème, il est essentiel de réagir et mettre en place une solution adaptée à la personne et au trouble.

Certains auraient tendance à penser que la chirurgie esthétique est la réponse adéquate. En réalité, la prise en charge et le principal traitement de ce malaise psychique qu’est la dysmorphophobie passent réellement par la thérapie cognitive et comportementale (TCC).

Cette pratique thérapeutique basée sur les interactions entre les pensées, les émotions et les comportements aide le patient à dépasser, au fur et à mesure des séances, ses symptômes. Cela permet également au patient d’identifier les mécanismes qui peuvent être à l’origine de ses difficultés, de mettre en place les comportements adaptés et de sortir ainsi petit à petit de la souffrance psychique. Le médecin peut choisir d’exposer également le patient à situation anxiogène ou phobogène dans le but de pouvoir diminuer la réponse d’angoisse qui y est associée : c’est ce qu’on appelle l'exposition et la prévention de la réponse (EPR).

En ce qui concerne la dysmorphophobie, il faut notamment faire prendre conscience au patient que la perfection du corps n’existe pas. Or dans ce cas précis d’obsession par un défaut minime - voir imaginaire -, la chirurgie esthétique ne ferait que déplacer le problème et serait donc insatisfaisante pour la personne. En effet, très efficace lorsqu’il s’agit de traiter des imperfections gênantes lors d’une situation ordinaire, lorsque cela concerne un trouble psychique la chirurgie esthétique ne fait que traiter le symptôme et non l’origine du problème.

Dans certaines situations, la thérapie peut être associée à un traitement par antidépresseur. Dans tous les cas, la première étape est de consulter un médecin qui pourra aider le patient à prendre conscience du besoin d’être accompagné pour venir à bout de mal-être psychique.